Blaxploitation : quand les Afro-Américains fabriquent leur cinéma - 13 octobre 2012 - 19h - Salle Malbec Bx

mardi 2 octobre 2012, par Fanny Monbeig

Vous connaissez tous Autant en emporte le vent. Peut-être même avez-vous aimé ce film. Nous connaissons tous Autant en emporte le vent. Parfois même, nous avons aimé ce film. Alors, quoi  ? Si nous avons aimé ce film, d’où vient le léger malaise, le tortillement sur la chaise, le sourcil un peu haut, la moue en somme, que nous faisons, lorsque nous regardons La couleur pourpre de Speilberg, lorsque nous lisons La case de l’Oncle Tom  ?

De notre regard d’adulte, qui politise ce que l’enfant que nous fûmes aima innocemment  ? Ou, peut-être, de la violence terrible du stéréotype à l’œuvre dans ces films  ? Nous sommes mal à l’aise devant le Tom de la case, et devant la Mammy de Scarlett, aujourd’hui, parce que quelque chose en nous sait que ces clichés mentent sur la réalité du Sud esclavagiste, mentent sur la douceur de l’esclavage domestique et des bons maîtres, que ces clichés, comme tous les clichés, disent davantage sur leurs inventeurs et leurs spectateurs, que sur la pseudo-réalité qu’ils prétendent condenser.

La Blaxploitation est la réponse culturelle à des décennies de clichés racistes dans le cinéma américain. Renversement du stigmate, réappropriation des armes retournées contre l’état-major des Majors américaines, les années 60 inventent un cinéma par les Noirs et pour les Noirs. De Shaft à Case Départ, en passant par Sweet Sweetback’s Baadasssss Song, David Portola va nous parler des quelques films militants, et d’une grande majorité de films qui mènent un combat culturel féroce et jouissif  : nous allons enfin voir un Dracula Noir, une femme Noire castrer un homme Blanc, un tueur de flics corrompus et racistes... Et puis nous allons enfin voir des Noirs qui ne correspondent à aucun stéréotype, qui ne se justifient de rien, qui ne surjouent rien, ordinaires, quoi. Nous allons enfin voir les Noirs tels que le cinéma français les montre très peu  : tels qu’ils sont  !